PAT

GRIGRI

A Propos

English texts

MODERN ART / PRIMITIVE (PSY) PAINTINGS
PSYCHANALYSE FREUD GEZA ROHEIM
 

" Un principe qui considère le monde extérieur comme conditionné magiquement par nos désirs, nos impulsions et nos émotions... un tel principe... est le seul qui nous permette d'avoir des résultats, c'est à dire d'agir sur la réalité...l'homme agit surtout selon un principe magique "

Géza Roheim. Origine et fonction de la Magie

 

 

L'art primitif ne cesse de raconter des histoires. Chaque détail, qui, à nos yeux, apparaît comme un élément esthétique, voire décoratif, est un fragment d'un mythe que l'objet (tableau, sculpture, etc.) met en scène. Ces mythes originels, fondateurs, de la tribu, du clan, du village, de la confrérie des hommes ou des femmes, l'art primitif, qui ne fait pas de l'Art pour l'Art ou du Symbolisme, les déploie en éléments standardisés, dans des buts éducatifs, mémoriels et principalement rituels. Car les fétiches à clous africains, les tableaux de sable aborigènes, pour ne prendre que ces deux exemples, n'ont pour fonction que d'être utilisés lors de cérémonies rituelles, et d'être ensuite détruits ou abandonnés, ayant perdu ce qui en faisait la force: l 'énergie, la mana, la puissance magique qui les animait.

 

L'art primitif raconte donc des histoires mythiques en utilisant des moyens esthétiques qui apparaissent secondaires aux yeux de ses créateurs. Pour nous qui ignorons tout, ou presque, du mythe et de ses significations visibles ou cachées, il ne reste que l'aspect secondaire, esthétique (et encore, ce n'est que récemment dans l'histoire de l'Art que ces œuvres ont été reconnues).

 

Il existe des mythes fondateurs modernes: la Psychanalyse en est un, qui explique aussi bien l'histoire individuelle que l'histoire de l'Humanité. C'est la Horde Paternelle et l 'épisode du Meurtre du Père que Freud, en allant vite, place à la base de l'apparition de l'être humain, pourvu d'un inconscient, et fils du Langage. Pat Grigri peint en permanence ce mythe à la manière des primitifs avec des moyens modernes. Chaque tableau raconte une histoire, une partie du mythe, et chaque élément est porteur d'une signification. Chaque couleur, chaque trait n'a pas qu'une fonction esthétique mais narrative, scénique et rituelle. Pour le spectateur, ignorant de la psychanalyse comme il ignore les mythes primitifs, ces tableaux sont des énigmes. Absence de perspective, aplats, ligne claire inspirée de la Bande dessinée, ce monde qu'il nous présente sous forme de paysages ocres et bleus, habités par des archétypes familiaux: Le Père, la Mère et l'Enfant, sont des paysages intérieurs, mentaux, des rêves éveillés qui nous parlent de l'Homme, comment il est né par le Meurtre du Père, comment se sont organisées ces forces inconscientes qui le fondent. Et ce mythe moderne se retrouve dans tous les mythes des origines de tous les pays, depuis Cronos, en passant par le mythe christique, les mythes nazis et staliniens, jusqu'aux mythes spectaculaires modernes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mythe de la Horde paternelle

 

Quelques pages de Freud dans “Totem et Tabou” ont donné naissance au mythe de la Horde paternelle. Freud reviendra sur ce sujet par petites touches, à de nombreuses reprises, en particulier dans “L’homme Moïse et la religion monothéiste” ou “Psychopathologie de la vie quotidienne” mais sans vraiment développer sa première approche.

 

A son époque et dans sa situation, Freud aborde les sujets religieux, et la Genèse en est un, avec précaution. Il est conscient du caractère révolutionnaire de ses travaux, et de leurs implications sociales et religieuses. Il faut remarquer que Psychanalyse et Préhistoire, dont les buts et les moyens sont étrangement communs (écrire une histoire à partir de traces, d'événements enfouis, lire le présent à la lumière du passé, etc.) se développent à la même époque sur les ruines de la croyance en la réalité chronologique et historique de la Bible. L’invention de la Horde est une intuition découlant directement de ses travaux et de sa pratique.

 

Beaucoup de psychanalystes, à la suite de Freud, sont gênés par cette Horde, qui mélange histoire de l’individu et histoire de l’espèce, psychanalyse et anthropologie, sur des bases scientifiques datées et plus qu’incertaines. Ils vont l’intégrer comme un symbole, une métaphore, une image, un conte, et souvent l’ignorer. Les non-psychanalystes vont s’en moquer, comme relevant d’élucubrations pseudo-scientifiques, peut-être légitimes à l’époque de Freud, mais ridiculisées depuis par les avancées des sciences.

 

Géza Roheim, père de l’ethnopsychanalyse, est confronté à la Horde, comme Freud, à travers l’analyse de ses patients. Mais ses études de terrain, en Australie principalement, l’étude des rêves et des contes des populations primitives, australienne, mélanésienne, indienne (d'Amérique du Nord), et plus généralement son étude des contes et des mythes folkloriques, l’amène à considérer la Horde comme un fait. Cet épisode, la mort du Père tué par ses fils, qui se retrouve dans tous les contes et les mythes du monde entier, s’est réellement produit. Il a en quelque sorte formé l’esprit humain.

 

Géza Roheim, sur la base de certains contes et mythes, enrichira la trame freudienne, d’abord par le choix du spectateur de la scène. C’est un enfant. Roheim montre de façon convaincante comment la façon dont l’enfant est élevé détermine non seulement sa personnalité, mais le type de culture du groupe qui partage la même éducation, ses fantasmes, ses rêves et ses contes.

 

Géza Roheim imaginera quelques épisodes supplémentaires. Le Père copulait quand les fils l’ont tué. Ils l’ont mangé et ils ont déféqué sur sa tombe. Ce qui conduit Géza Roheim à interpréter le fonctionnement des échanges de biens dans la société mélanésienne, où le mythe est encore conservé sous la forme d’un rituel. Quand un homme meurt, chaque nuit, pendant quelques jours, les hommes vont déféquer sur la tombe du mort, et chaque matin les femmes nettoient la tombe.

 

Les fils se sont habillés de la peau du père, le premier vêtement, la première maison. Les os des bras du père ont été les premières armes. On trouve partout dans les livres de Géza Roheim de telles intuitions, des images riches et puissantes, mais toujours, comme Freud, par petites touches. Jusqu’à Lacan, qui lui aussi, usera du mythe par petites touches, tout en faisant du Nom-du-Père la clé de voûte de sa théorie.

 

Le mythe et ses avatars

 

On peut voir ainsi comment un mythe se constitue. Par petites touches, à partir d’un noyau constitué de quelques lignes, d’une image. C’est une simple histoire au départ, un rêve qu’on raconte. Mais cette simple histoire parle à tous. Elle résonne en chacun et éveille des sonorités particulières, qui font de chaque individu un continuateur du mythe, un récitant de plus.

 

Le mythe est fait de voix multiples, d’ajouts, de répétitions, de contradictions. Certains mythes condensent d’autres mythes, ou bien développent un aspect, un personnage d’un mythe précédent. Le noyau originel n’est qu’une voix parmi d’autres. Ce qui constitue le mythe, c’est la diversité, la capacité de se couler dans le moule des époques et des modes, de s’exprimer sous diverses apparences. Tout en conservant sa charge émotive.

 

Il arrive que les mythes faiblissent, mais jamais ils ne disparaissent.

 

Pour tout dire, et revenir à Freud, le mythe a toutes les qualités et les ressources de l’Inconscient, ou du moins a-t-il toutes les capacités et les ressources à permettre à l’Inconscient de s’exprimer. Car La découverte de Freud, c’est celle de l’Inconscient et du refoulement, ce qu’illustre le mythe de la Horde. L’Homme, c’est l’animal qui refoule ses instincts, et qui, le faisant, parle, accédant au symbolique. Le mythe de la Horde est à la fois une genèse (origine de l’Homme) et une cosmogonie (origine de l’Univers), un Big Bang.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mythe en peinture

 

Les toiles de Pat Grigri sont donc une nouvelle version du mythe: la vie dans la Horde, le Père comme Monde, l’apparition de l’Inconscient et celle de l’être parlant, etc. Une version inachevée fragmentaire: l’essence du mythe étant d’être inachevé et fragmentaire.

 

Mais toute une partie du mythe reste encore dans l’ombre. Ou sont les Totems et les Tabous, et leurs T dressés comme des potences, auxquelles l’Homme crucifie ses instincts ?

 

Comment représenter la Horde ? Comment représenter le passage du primate à l’homme ? Car il n’y a rien à voir. Le changement est intérieur.

 

Le seul réalisme concevable pour traiter un tel sujet serait un réalisme à la Bacon. Des lambeaux de viande exposés dans le décor d’un théâtre intime.

 

Mais pour raconter une histoire, ce serait comme un documentaire sur Bacon avec un texte par dessus. Comme l’utilisation de l’abstrait.

 

Reste le graffiti, qui, avec une palette de couleurs réduite, permet la constitution d’un petit monde, un théâtre enfantin de formes simplifiées, qui se rapprochent de l’abstrait, voire de l’écriture puisqu’elles sont codées.

 

On dit que le réalisme tue le réalisme, la représentation réaliste figeant la réalité, en ignorant le véritable réalisme qu’est la vie en mouvement. Le graffiti, qualifié de “signature de l’homme” réinstalle le véritable réalisme du vivant, pressé, confus, multiforme, sans a-priori, expérimental.

 

Le principe en action ici est le non-dit, le mystérieux, le mi-dire.

 

Le rouge est la couleur du désir, de la libido et du sang qui nous fait vivre et dont le manque nous tue.

 

La Horde

 

Un père violent, jaloux, gardant pour lui toutes les femmes et chassant ses fils à mesure qu'ils grandissent ... un jour, les frères chassés se sont réunis, ont tué et mangé le père, ce qui a mis fin à l'existence de la horde paternelle. Une fois réunis, ils sont devenus entreprenants et ont pu réaliser ce que chacun d'eux, pris individuellement, aurait été incapable de faire...

 

... la bande fraternelle, en état de rébellion, était animée à l'égard du père des sentiments contradictoires, qui, d'après ce que nous savons, forment le contenu ambivalent du complexe paternel chez chacun de nos enfants et de nos névrosés. Ils haïssaient le père, qui s'opposait si violemment à leur besoin de puissance et à leurs exigences sexuelles, mais tout en le haïssant ils l'aimaient et l'admiraient...

 

... ils éprouvèrent un sentiment de culpabilité... le mort devenait plus puissant qu'il ne l'avait jamais été de son vivant...

Ce que le père avait empêché autrefois, par le fait même de son existence, les fils se le défendaient à présent eux mêmes, en vertu de cette "obéissance rétrospective", caractéristique d'une situation psychique que la psychanalyse nous a rendue familière.

 

Ils désavouaient leur acte, en interdisant la mise à mort du totem, substitut du père, et ils renonçaient à recueillir les fruits de ces actes, en refusant d'avoir des rapports sexuels avec les femmes qu'ils avaient libérées. C'est ainsi que le sentiment de culpabilité du fils a engendré les deux tabous fondamentaux du totémisme qui, pour cette raison, devaient se confondre avec les deux désirs réprimés du complexe d'Œdipe...

 

Sigmund Freud ( Totem et Tabou - 1912 - 1913 )

 

MODERN ART / PRIMITIVE (PSY) PAINTINGS
PSYCHANALYSE FREUD GEZA ROHEIM
 

" A principle which considers the outside world as conditioned magically by our desires, our impulses and our feelings, such a principle is the only one who allows us to have results. To act on reality man acts especially according to a magic principle "

Géza Roheim. Origin and function of Magic

 

 

The primitive art does not stop telling stories. Every detail, which, for us, appears as an esthetic, even ornamental element, is a fragment of a myth which the object (painting, sculpture, etc.) stages. These origins myths, of the tribe, the clan, the village, the brotherhood of the men or the women, the primitive art, which does not make Art for art or Symbolism, displays them in standardized elements, in educational, memory and mainly ritual purposes. Because nails fetish african figures, aboriginal sand paintings, to take only these two examples, have for function only to be used during ritual ceremonies, and then to be destroyed or abandoned, having lost what made their strength: the energy, the mana, the magic power.

 

The primitive art tells mythical stories by using esthetic ways which seem secondary in the eyes of his creators. For us, who ignore everything, or almost, of the myth and the visible or hidden meanings, it remains only a secondary, esthetic aspect (and besides, it is only recently in the art history that these works were recognized).

 

There are modern founding myths: Psychoanalysis is one, who explains as well the individual history as the history(story) of the Humanity. It is the myth of the Father's Horde and the episode of the Murder of the Father that Freud, by going fast, places as origin of the human being, provided with an unconscious, and son of the Language. Pat Grigri paints this myth in the style of the primitive with modern means. Every painting tells a story, wich is a part of the myth, and every element means something. Every color, every line has not only an esthetic function, but narrative, scenic and ritual. Pour le spectateur, ignorant de la psychanalyse comme il ignore les mythes primitifs, ces tableaux sont des énigmes. Absence de perspective, aplats, ligne claire inspirée de la Bande dessinée, ce monde qu'il nous présente sous forme de paysages ocres et bleus, habités par des archétypes familiaux: Le Père, la Mère et l'Enfant, sont des paysages intérieurs, mentaux, des rêves éveillés qui nous parlent de l'Homme, comment il est né par le Meurtre du Père, comment se sont organisées ces forces inconscientes qui le fondent. Et ce mythe moderne se retrouve dans tous les mythes des origines de tous les pays, depuis Cronos, en passant par le mythe christique, les mythes nazis et staliniens, jusqu'aux mythes spectaculaires modernes.

For the spectator, ignoring psychoanalysis as he ignores the primitive myths, these paintings are riddles. Absence of perspective, color swatches, clear line inspired by the Comic strip, this world which he presents us in the form of ochre and blue landscapes, inhabited by family archetypes: the Father, the Mother and a child, are internal, mental landscapes, waking dreams which speak to us about the Man, how he was born by the Murder of the Father, how are organized these unconscious strengths whithin. And this modern myth appears in all the myths of the origins of all the countries, since Cronos, the Christ, as well as the Nazi and Stalinist myths, until the modern spectacular myths.

 

 

 

The myth of Father's Horde

 

A violent and jealous father, keeping all women for himself and forcing sons to go out as they grow up... One day, brothers unite, kill and ate father, this was the end of the father's horde...

 

In order that these latter consequences may seem plausible, leaving their premises on one side, we need only suppose that the tumultuous mob of brothers were filled with the same contradictory feelings which we can see at work in the ambivalent father-complexes of our children and our neurotic patients. They hated their father, who presented such a formidable obstacle to their craving for power and their sexual desires; but they loved and admired him too. After they had got rid of him, had satisfied their hatred and had put into effect their wish to identify with him, the affection which had all this time been pushed under was bound to make itself felt. It did so in the form of remorse. A sense of guilt made its appearance, which in this instance coincided with the remorse felt by the whole group.

 

The dead father became stronger than the living one had been - for events took the course we often see them follow in human affairs to this day. What had up to then been prevented by his actual existence was thenceforward prohibited by the sons themselves, in accordance with the psychological procedure so familiar to us in psychoanalysis under the name 'deferred obedience'. They revoked their deed by forbidding the killing of the totem, the substitute for their father; and they renounced its fruits by resigning their claim to the women who had now been set free.

 

They thus created out of their filial sense of guilt the two fundamental taboos of totemism, which for that very reason inevitably corresponded to the two repressed wishes of the Oedipus complex. Whoever contravened those two taboos became guilty of the only two crimes with which primitive society concerned itself.

 

Sigmund Freud ( Totem et Tabou - 1912 - 1913 )

 

Freud

 

Few pages of Freud in "Totem and Taboo" gave rise to the myth of the Father's Horde. Freud will return to this subject later, by small touches, many times, in particular in "Moïse, man and monotheist religion" or in " Psychopathology of daylife " but without really developing its first approach.

 

In these times and in his own situation, Freud approaches religious subjects very carrefully -and Genesis is one-. He is conscious of the revolutionary character of its work, and its social and religious implications. It is necessary to notice that Prehistory and Psychoanalyses, which purposes are strangely common (write an history from tracks, from buried events, read the present in the light of past, etc.) were developed at the same time on the ruins of the faith in the chronological and historic reality of the Bible. Discovering of the Horde is an intuition rising directly from its work and its practice.

 

Many psychoanalysts, following Freud, are embarrassed with this Horde, which mix history of individual being and history of species, psychoanalysis and anthropology, on old and doubtful scientific basis. They will integrate the myth as a symbol, a metaphor, an image, a tale, and often ignore it. The others will laugh at it as pseudo-scientific matter, completely annihilated by modern knowledges.

 

Geza Roheim

 

Geza Roheim, father of ethnopsychoanalysis, is confronted with the Horde, like Freud, through analysis of its patients. But his terrain surveys, in Australia mainly, his studies of dreams and tales of primitive populations, Australian, melanesian, Indian, and more generally his study of myths, leads him to regard the Horde as a fact. This episode, death of the Father killed by his sons, which can be found in all the tales and the myths of the whole world, is a real concrete fact. It is, to some extent, creating human mind.

 

Geza Roheim, on the basis of some myths and tales, will add rich elements to the Freud's scene, first by the choice of the witness of the scene: a child. Roheim shows, in a convincing way, how the way in which child is bred determines, not only its personality, but the type of culture of the group which shares the same education, its phantasms, its dreams and its tales.

 

Geza Roheim will imagine some additional episodes. The Father copulated when the sons get killed him. They have eaten him and they defecate on his grave. What leads Geza Roheim to interpret the operation of the exchanges of goods in Melanesian populations, where the myth is still preserved in a ritual form. When a man dies, each night, during a few days, men go defecate on the tomb of the dead, and each morning women clean it.

 

The sons got dressed with the skin of the father, the first clothing, the first house. The bones of the arms of the father were the first weapons. One finds everywhere in the books of Geza Roheim such intuitions, rich and powerful images, but always, like Freud, by small touches. Up to Lacan, who also uses myth by small touches, while making of the Name-of-Father the keystone of its theory.

 

The myth and its misadventures

 

One can see thus how a myth is constituted. By small touches, from a kernel, a few lines, one image. A simple history at the beginning, a narrated dream, says Geza Roheim. But this simple history speaks to everybody. It rings inside all the people and wakes up particular sonorities, which make eachone a continuator of the myth, one more narrator.

 

The myth is made of multiple voices, extensions, contradictions. Some myths condense other myths or develop an aspect, a character of a previous myth. The original is only a voice among others. What constitutes the myth, is diversity, capacity to run itself in the mould of the times and the modes, ability to speak under various appearances. While preserving its emotive load.

 

It happens that the myths weaken, but they never disappear. The modern myth of Frankenstein (which obviously cames from an earlier myth, if not several myths, Promethee myth) was popularized by the cinema, and was going through two golden ages interrupted by vanishings. It is clear that myth's impact weakens when, to try to attract a large public, it seems necessary to add the myths, and to set Dracula, the Mummy, Frankenstein and the Werewolf against Abott and Costello!

 

In spite of these dark periods, the characters always remain in the drawers, ready to re-appear in a form or another, as soon as, for a reason or another, the myth again will touch the public, to wake up in people some connections, in daylife of eachone.

 

The myths are always in the drawers.

 

To return to Freud, the myth has all qualities and the ressources of Unconscious, or, at least, has all the capacities and the resources to allow Unconscious to express. For Unconscious is the discovery of Freud, with repression, what shows the myth of the Horde. Man, is the animal who repressed his instincts, and who, doing it, speaks, reaching the symbolic system. The myth of the Horde is, at the same time, a genesis (origin of Man) and a cosmogony (origin of Universe), a Big-bang.

 

Painting the Myth

 

The Pat Grigri paintings are a new version of the myth, an unfinished, fragmentary version. By nature, the myth is unfinished and fragmentary.

 

How to represent the Horde? How to represent crossing from primate to man? There is nothing to see. Changes are internal.

 

Realism to drawn such a subject is a like Bacon realism. Meat scraps exposed in an intimate theater.

 

But to tell a story, it would be like a documentary on Bacon with a text over. As for abstract art.

 

Remains graffiti, which, with a pallet of simple colors, allows the creation of a small world, a childish theater of simplified shapes, which approaches abstract, or writing, cause the shapes are coded.

 

One says that realism kills realism, the realistic representation solidifying reality, by being unaware of true realism wich is moving life. Graffiti, qualified signature of man , reinstalls the true realism of alive, in a hurry, confused, multiform, without a-prioiri, experimental.

 

The principle in action here is the unvoiced comment, mysterious, half-sayed.

 

Le principe en action ici est le non-dit, le mystérieux, le mi-dire.

 

Red is the color of desire, of blood which makes us live and whose lack kills us.